LE COMMERCE DES ANIMAUX :
Lorsque Rousseau écrivit le Contrat Social, qui soulignait le lien qui reliait les hommes entre eux, à savoir l'Etat, je doute qu'il s'imaginait un jour devoir se poser la question de savoir quelles étaient les relations qui pouvaient relier les animaux aux hommes ou plutôt les hommes aux animaux. Cette relation l'homme la domine principalement. Au sommet de la chaîne alimentaire ce dernier fixe les règles, les limites. S'il peut parfois faire preuves d'amour et de compassion pour ses semblables les autres espèces animales sont souvent bien moins loties. Le but de cet écrit est de montrer en quoi les animaux représentent aux yeux des hommes bien plus un marché commercial qu'une cohabitation pacifique. Parce que là où il y a des hommes il y a de l'argent.
Depuis la nuit des temps les hommes ont toujours su tirer partis des espèces qu'ils rencontraient. Se servir des chevaux comme moyen de transports, des b½ufs pour cultiver la terre, les poules, les vaches, les lapins et bien d'autres encore pour se nourrir. En effet, pour minimiser ces efforts, économiser son temps, les hommes en sont même venus à réduire à l'esclavage d'autres hommes. Si ce type de commerce défendu farouchement tend à disparaître d'autres restent présents en tout impunité.
Beaucoup d'entre nous ont eu la chance d'avoir un animal domestique. Bien que nous adorions ce dernier cette pratique constitue indéniablement un acte économique. En effet, ces animaux sont souvent achetés dans des animaleries. La loi de l'offre et de la demande bas son plein. Les phénomènes de mode joue également son rôle. Dans ce cadre, soulignons les abus. Certains chiots sont parqués dans de minuscules cages, à peine sevrés, font de nombreux kilomètres pour atteindre une autre cage en bas de chez vous. Admirés à travers des vitres telles des poupées en chiffons, voici le triste sort de nos amis. Or, aujourd'hui même on tend à rendre les animaux dits « sauvages » domestiques.
Commençons par définir ce qu'est un animal domestique. Pour le Petit Larousse il s'agit d'un « animal qui a été dressé ou apprivoisé et qui vit dans l'entourage de l'homme. » Pour l'Union Européenne il s'agit d'une cohabitation dans laquelle l'animal est respecté et aimé pour ses qualités. A l'inverse, l'animal sauvage se caractérise comme vivant en liberté. Ainsi, vouloir en faire un animal domestique c'est le priver de sa liberté. Mais si nous poursuivons ce raisonnement alors tout animal domestique était un animal sauvage à qui ont a supprimé sa liberté. En bref, les définitions ne concordent pas.
Aujourd'hui nous pouvons répertoriés les animaux sauvages les plus prisés par les européens :
*Les perroquets
*Les poissons, notamment le poisson clown suite au succès du dessin animé Nemo.
*Suite au phénomène de mode Iguane, lézard et Python sont les reptiles les plus prisés.
*Les magots qui depuis les années 90 peuplent nos banlieues.
Chacune des espèces répertoriées ci-dessus souffrent de ces exportations. On attrape les poissons avec du cyanure (doit-je préciser l'effet que ce produit à sur l'homme ?), les reptiles n'ont pas vraiment les meilleurs conditions climatiques pour prospérer et les magots, petits singes importés massivement du Maroc sont souvent abandonnés à l'age adulte car trop actifs. En effet, ces singes ont besoin de beaucoup de liberté pour bouger. Les maîtres qui rencontrent des difficultés pour les maintenir tranquille les enferment dans des cages (souvenons-nous du traitement que Joe Star avait infligé à son singe lors d'une interview...) ou bien les abandonnent en pleine nature.
L'enquête du groupe TRAFfIC fervent défenseurs des animaux a montré que chaque année le commerce portant sur les animaux apporte 10 millions d'euros à l'Europe. L'essentiel des transactions concernent les Etats-Unis qui font 70 % des importations et l'Union Européenne à l'origine de 17% des importations. D'un point de vue douanier, pour les seuls membres de l'Union européenne, les importations sont passées de 60 000 en 1989 à 225 000 en 1999, soit donc une augmentation par quatre en 10 ans.
Les principaux exportateurs sont la Colombie, le Madagascar, le Salvador, le Ghana et le guatemala. Les principaux importateurs européens sont l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-bas, le France, l'Angleterre et la Belgique. En ce qui concerne la France les augmentations sont de plus de 250% entre les années 1994 et 1999. Les statistiques montrent que les français sont friands de Serpents à 27% et des tortues à 20%. Il est aussi important de noter qu'1% des importations concernent les crocodiles (!!??). Vous ne verrez plus jamais vos voisins de la même façon...
Le problème de ces achats consiste dans le fait que bien souvent les propriétaires ne savent pas s'occuper de leurs nouveaux animaux. On comprend aisément que s'occuper d'un chien ne ressemble en rien au fait de s'occuper d'un iguane ou d'un python.
D'un point de vue économique et financier d'autres pratiques permettent aux hommes de gagner de l'argent. Ce mot bien trop souvent connu se nomme le braconnage. C'est malheureusement le Parc de Viruga, inscrit comme patrimoine culturel de l'UNESCO qui remporte le plus mauvais point. Dans cette zone de la République démocratique du Congo durement touché par la guerre la pratique du braconnage se fait à très grande échelle, trop grande échelle. Les animaux sont massacrés à tir larigot sans autres formes de procès. De la même façon, on note le commerce de la fourrure et de tous les dérivés (vêtement et accessoire).
Les animaux peuvent aussi être utilisés comme cobayes scientifiques.
Ils servent en outre à gagner de l'argent dans le cadre de combat de chien. Cette pratique présente encore aujourd'hui remonte à l'antiquité. Un chien n'est pas agressif par nature. Seul le dressage peut contribuer pour beaucoup à l'agressivité. Les chiens dits de « combats » sont tous maltraités. Sevrés avant l'âge et désocialisés, les seuls contacts seront humains (ou plutôt inhumains...) Les oreilles de ces chiens sont souvent coupées à ras- et à vif- au cutter afin de ne pas constituer de prises avantageuses.
Enfin, un point de vue assez intéressant peut être souligné ici. Un article propose une remise en cause de nos agissements (1). En effet « il est facile et rentable de ne pas vouloir remettre en question la façon de mangers des généreux donateurs et des dirigeants de ces mêmes associations qui ne voient d'un lapin qu'un civet sur patte. Et puis, c'est tellement plus commode de donner des leçons aux peuples qui viennent très loin de nous, comme les chinois, qui font le commerce annuel de deux millions de chiens et chats (pour leur fourrure et leur viande) tandis que nous les français, consommons plus d'un milliards d'animaux de ferme par an. » Voilà qui donne a réfléchir...
En effet, le commerce de fourrure de chien et de chat se fait en bas de chez nous. L'association française et internationale de protection animale (AFIPA) avait demandé l'ouverture d'une enquête. Il tachait de démontrer l'existence d'un réseau d'importation illégale d'espèces protégées mais aussi d'un trafic de fourrure de chat et de chien. La police a procédé à l'interpellation des principaux concernés à Paris suite aux preuves récoltées. Nous avons donc encore beaucoup à faire...
D'un point de vue international le commerce est interdit pour :
- l'ivoire d'éléphant
- les remèdes traditionnels chinois (à base d'espèces menacés.)
- les carapaces des tortues.
- Les grands félins (vêtements et accessoires)
- Shatoosh (châle confectionné à partir de la laine d'antilope du Tibet)
- la viande de brousse (animaux sauvages.)
Nous notons qu'il existe une convention européenne pour la protection des animaux de compagnie, ratifiée à Strasbourg en 1987.
Le traité le plus connu est prénommé « cité ». Il s'agit de la Convention sur le commerce interne des espèces de Faune et Flore sauvages, menacés d'extinction. Cet accord international signé en 1973 a pour volonté de protéger la surexploitation des animaux et des plantes sauvages. 130 Etats l'ont déjà ratifié, pourtant un grand nombre de pays signataires est coupable de fermer les yeux ou pire, entretenir les trafics en tout genre qui finissent dans bien des cas, à menacer la survie de certaines espèces.
En France les exportations d'animaux et de plantes exotiques sont punies par la loi. Cela se solde par des amendes, des poursuites judiciaires dont le coût dépasse bien souvent le prix du séjour dans les pays d'exportation.
Toutefois, le trafic prospère, s'agrandit, se transforme et se maintient... A quand donc une vraie justice...
BIBLIOGRAPHIE :
www.invoice-ear.org
WWW.veganimal.info/article.
www.diplomatie.be
www.reseaulibre.net/rage/chinefourrure (Attention se site revêt des images pouvant heurter la sensibilité.)
www.terresacree.org
Le lien pour la pétition contre TF1 et l'usage abusif de ces derniers sur les plateaux télé :
http://www.protection-des-animaux.org/petition/
Auteur de l'article : Aline
A ne COPIER sous aucun prétexte
Encore bravo